La Compagnie, la petite histoire
Une bande d’une dizaine de copains d'une vingtaine d'années, en vacances à Carnac en 1957, ne savent pas très bien que faire par un temps très pluvieux. L'un d'entre eux décide de monter une pièce de théâtre.
Le pari est lancé: s'ils réussissent à faire un peu d'argent, celui-ci sera donné pour la restauration du clocher du village ; et c'est ainsi que la première représentation a lieu. De là à parler de véritable succès … La trentaine de spectateurs est composée aux trois quarts par leurs familles. Mais la formule fait ses preuves et à leur retour à Paris, ils décident de poursuivre l'expérience.
Ainsi, Philippe Leclerc, Philippe Laporte, Patrice, Gérard et Jean-Marc Ponsot, Annick et Françoise Duclos, Jean-Gabriel Bouchaud, Jacques Limousin, Jean-Paul Sampré et Henri Perret, tous originaires des environs de l'Ile de la Cité à Paris, créent les « 7 de la Cité ».
Cette volonté de monter des spectacles de théâtre ne s’est jamais départie, ainsi que celle d’intégrer de nouveaux membres. Au fil des ans une bonne soixantaine de personnes est venue s’ajouter aux initiateurs du projet.
Avant tout, il faut bien comprendre que cette bande de copains reste et restera une bande d'amateurs amoureux de théâtre. La convivialité qui règne aujourd'hui au sein de la troupe fait perdurer l'esprit initial de bonne humeur au service, et pour le plaisir, des autres.
Les fondements mêmes de la Compagnie sont essentiellement ceux qui réunissent un groupe d’amis qui souhaitent réaliser un projet ensemble. C’est autour de l’amour commun pour le théâtre que le projet initial s’est concrétisé.
Créée sous la forme d'une Association "Loi de 1901", la Compagnie dispose de statuts déposés en bonne et due forme. Toutes les représentations données le sont au bénéfice d'œuvres caritatives et humanitaires.
La Croissance
Durant les premières années, la Compagnie levait le rideau pour une, deux, voire trois représentations. A titre de repère, en 1975, la comédie Tchao de Marc-Gilbert Sauvageon, a été jouée quatre soirées, du mercredi au samedi, à Neuilly sur Seine. En 1980, la pièce Les Temps Difficiles d’Edouard Bourdet est donnée dix fois. En 1986, la Compagnie aligne treize représentations de Cher Antoine de Jean Anouilh, et déborde sur une troisième semaine, le dimanche étant alors jour de relâche. En 1998, on passe à quinze représentations avec le Bourgeois Gentilhomme.
En 2003, les 7 en sont à vingt.
Parallèlement, les effectifs des 7 se sont accrus : on compte aujourd’hui une soixantaine de membres en activité, comédiens et non comédiens, et on évalue à quelque trois cents personnes le nombre des anciens qui, s’ils n’ont pas actuellement de rôle actif à proprement parler, restent attachés à la Compagnie au point de venir chaque année applaudir ses spectacles, voire de lui rendre un service occasionnel.
« En face », il y a le public. Le cher public ! Lors des toutes premières représentations, à l’origine, les fondateurs de la troupe réussissaient à rassembler leurs familles et leurs amis.
Quelques dizaines de personnes… et ils étaient ravis de ce succès. Aujourd’hui, l’audience annuelle se situe autour de huit mille spectateurs, fruit des quelque quarante mille « invitations » diffusées quelques semaines avant le lever du rideau.
Pareil développement implique une organisation et des procédures qui, elles aussi, ont acquis une certaine sophistication. Le stock des éléments de décors anciens accumulés et les équipements et outillage nécessaires à la réalisation des nouveaux, sans compter l’abondante garde-robe constituée au fil des saisons, nécessitent des locaux de dimensions importantes, ce qui n’a pas manqué de poser - et pose encore- des problèmes ardus à une compagnie parisienne.
Mais on peut dire que le mécanisme de production et de montage de la pièce de théâtre est le même depuis plusieurs décennies. Les changements survenus sont surtout d’ordre quantitatif. La nature du travail reste la même.
En revanche le « répertoire » a évolué.
Le "Répertoire "
On retiendra que la Compagnie, pour tenir compte de la composition de son public, a en général choisi des comédies de mœurs mettant en évidence, parfois de façon grinçante, les travers de la société contemporaine. L’auteur chéri est évidemment Jean Anouilh dont l’écriture est si prisée, tant par les spectateurs que par les comédiens.
On remarquera ensuite que depuis une quinzaine d’années, les sélectionneurs - un comité de lecture où la voix du Président est prépondérante - ont élargi le champ de leurs suffrages.
En 1993 : Dédé, une opérette de Christiné et Willemetz, genre totalement inédit pour les 7 ; en 1996, c’est l’Oiseau Vert, une adaptation par Benno Besson d’une comédie de Carlo Gozzi de la fin du XVIIIème siècle, dans le pur style de la Commedia dell’Arte ; en 1997, à nouveau une opérette, Les Trois Valses, d’Oscar Straus et Albert Willemetz ; puis en 1998, le Bourgeois Gentilhomme , où, pour la première fois, les 7 « osaient » Molière !…
On notera enfin qu’à l’inverse des professionnels, les troupes de théâtre amateur s’efforcent de faire monter sur scène le plus grand nombre possible de comédiens, lesquels présentent l’immense avantage de ne percevoir aucun cachet… D’où un choix de titres comportant beaucoup de personnages. Ces dernières années, il n’était pas rare de voir sur le plateau jusqu’à vingt-cinq et même trente comédiens !
Depuis 1957, les 7 de la Cité ont joué
en 1957, Joffroi d'après une nouvelle de Jean Giono
en 1957, Judas de Marcel Pagnol
en 1958 et 1971, A la Monnaie du Pape de Louis Velle
en 1959 et 1965, George et Margaret de Marc-Gilbert Sauvajon et Jean Wall
en 1960, L'Ours d'Anton Tchékhov
en 1960, 1965 et 1979, Antigone de Jean Anouilh
en 1961, Domino de Marcel Achard
en 1962, Il Importe d'Etre Constant d'Oscar Wilde
en 1962, La Peur des Coups et La Paix chez Soi de Georges Courteline
en 1962, Le Pain de Ménage de Jules Renard
en 1963 et 1969, Un Inspecteur vous Demande de John Boynton Priestley
en 1963 et 1967, La Cuisine des Anges d' Albert Husson
en 1964, Les Justes d'Albert Camus
en 1965, Un Caprice d'Alfred de Musset
en 1966, Les Parents Terribles de Jean Cocteau
en 1968, Le Cheval Arabe de Julien Luchaire
en 1968, L'Etau de Luigi Pirandello
en 1968, Le Minotaure de Marcel Aymé
en 1970, Les Portes Claquent de Michel Fermaud
en 1972, Black Comedy de Peter Shaffer
en 1972, Le Voyageur de Maurice Druon
en 1973, Edouard et Agrippine et Le Satyre de la Villette de René de Obaldia
en 1974, Le Babour de Félicien Marceau
en 1975, Les Méfaits du Tabac d'Anton Tchékhov
en 1975, Tchao de Marc-Gilbert Sauvajon
en 1976 et 1989, L'Orchestre de Jean Anouilh
en 1976, Le Cheval Evanoui de Françoise Sagan
en 1977, La Valse des Toréadors de Jean Anouilh
en 1978, Le Procès de Mary Dugan de Bayard Veiller
en 1979, Le Canard à l'Orange de William Douglas Home
en 1980, Les Temps Difficiles d'Edouard Bourdet
en 1981, Du Vent dans les Branches de Sassafras de René de Obaldia
en 1982, Un Mois à la Campagne d'Ivan Tourgueniev
en 1982, Patchwork des "7 de la Cité"
en 1983, Ne Réveillez pas Madame de Jean Anouilh
en 1984, Un Otage de Brendan Behan
en 1985, Croque-Monsieur de Marcel Mithois
en 1986, Cher Antoine de Jean Anouilh
en 1987, La Jument du Roi de Jean Canolle
en 1988, La Bonne Soupe de Félicien Marceau
en 1989, La Belle Vie de Jean Anouilh
en 1990, L'Invitation au Château de Jean Anouilh
en 1991, L'Heure Eblouissante d'Anna Bonacci
en 1992, Clérambard de Marcel Aymé
en 1993, Dédé, opérette d'Albert Willemetz et Henri Christiné
en 1994, La Preuve par Quatre de Félicien Marceau
en 1995, L'Alouette de Jean Anouilh
en 1996, L'Oiseau Vert de Benno Besson, d'après Carlo Gozzi
en 1997, Trois Valses, opérette d'Albert Willemetz, Léopold Marchand et Oscar Straus
en 1998, Le Bourgeois Gentilhomme de Molière
en 1999, Harold et Maude de Colin Higgins
en 2000, L'Ecole de la Médisance de Sheridan
en 2001, Le Dindon de Georges Feydeau
en 2002, La Salle à Manger d'Albert Ramsdell Gurney Jr.
en 2003, Le Voyage de Monsieur Perrichon d'Eugène Labiche
en 2004, Pas sur la Bouche ! opérette de Maurice Yvain et André Barde
en 2005, Chat en Poche de Georges Feydeau
en 2006, Palace de Jean-Michel Ribes
en 2007, Mort sur le Nil d'Agatha Christie
en 2008, Les Révérends de Slawomir Mrozek
en 2009, Le Bel Air de Londres de Dion Boucicault
Les Chiffres Clés
7 : sept amis, habitant tous près du centre de Paris, créent les 7 de la Cité.
Dans les sciences occultes, sept est un nombre sacré, symbole de l’harmonie des mondes (Source : Grand Larousse).
17: nombre moyen des représentations données chaque année.
60 : membres actifs et comédiens figurant dans les commissions administratives et participant au spectacle de l’année.
300 : comédiens et bénévoles ayant, depuis 1957, participé aux différentes activités théâtrales proposées (réalisation des décors, des costumes, régie, lumières, administration, billetterie...)
1957 : date de création de la Compagnie des 7 de la Cité.
11 000 : nombre record de spectateurs ayant assisté à l’ensemble d’un spectacle annuel.
45 000 : nombre d’invitations diffusées chaque année.
100.000 : total des dons (en euros), reversés aux œuvres, après déduction des frais, pour une année de représentations.
150.000 : recette record, exprimée en euros, d’une année de représentations des 7.
La Compagnie monte chaque année un spectacle dont elle donne une vingtaine de représentations entre janvier et mars, en banlieue parisienne, en province et historiquement au théâtre Saint-Pierre à Neuilly-sur-Seine.
Un peu plus des deux tiers des dons récoltés sont reversés aux œuvres.
Depuis 2001 la Compagnie joue dans le centre de Paris, au théâtre de l'ASIEM, rue Albert de Lapparent, Paris VIIème.
Planning d'une Saison
CHOIX DE LA PIECE
Courant Mai, le bilan théâtral et financier de la saison écoulée est présenté aux membres de la Compagnie. C’est à cette occasion que le Président annonce les orientations pour la ou les saisons suivantes : choix de la pièce et du Metteur en Scène, nouveaux membres ... et tous les 2 ans a lieu l’élection du Président.
AUDITIONS – CHOIX DE LA DISTRIBUTION
Pour nombre de comédiens une période d’angoisse, qui commence par des auditions et se termine par la publication de la distribution, vers la mi-Juin. Dans l’intervalle, le Président est difficile à joindre au téléphone…
Des lectures, séances de découverte du texte avec commentaires du Metteur en Scène, ont alors lieu jusque vers la mi-Juillet.
DEBUT DES REPETITIONS
Dès Septembre et jusqu’au mois de Mars, pour 2 soirées hebdomadaires, démarre le travail de montage proprement dit de la pièce. Les comédiens sont priés d’arriver aux répétitions « rôle su », pour deux soirées par semaine et un week-end par mois consacrés aux répétitions. Lorsque les 7 montent un spectacle musical, les répétitions de chant commencent dès le mois de Juin.
LES DECORS
Courant Septembre le Directeur Artistique présente son projet : une maquette et des dessins. Une fois ceux-ci validés commence l’élaboration des plans techniques puis la construction qui s’achève fin Décembre, début Janvier. Découpe des bois, des panneaux de plexiglass, peinture, tapisserie, éclairage, trompe-l’œil réalisés par des professionnels parfois bénévoles, les 7 conçoivent et réalisent eux mêmes l’ensemble de leur décors qui en plus d’être spectaculaires pour des amateurs, se doivent d’intégrer un montage et démontage facile, car nous jouons dans plusieurs salles.
CREATION DES COSTUMES
A ce jour, 690 costumes sont répertoriés dans 24 armoires, par couleur, par matière, par taille et par époque. Ils ont été donnés à la troupe, où conçus par les 3 paires de blanches mains, qui chaque saison, assortissent de nouveaux costumes aux décors de la pièce. Enfin parfois ceux ci sont loués sous caution.
LA MUSIQUE
En fonction de la pièce, une alternative se présente : puiser dans le patrimoine musical existant ou inventer une musique spécialement pour la pièce ? Parfois on a recours à une combinaison des deux solutions (ex : le Bourgeois Gentilhomme).
Le Metteur en Scène expose ses souhaits, le genre de musique qui lui semble le mieux à même d’accompagner les diverses phases de l’action dramatique. Faut-il des illustrations sonores lors des changements de décor ? Installer l’ambiance au lever du rideau ? Accompagner les mouvements collectifs à l’heure du salut final des comédiens ?
En Septembre, le « conducteur » est établi. Les musiciens composent et/ou recherchent dans la discographie les éléments susceptibles de convenir, et présentent deux à trois mois plus tard une maquette des morceaux retenus et enregistrés. Après approbation et modifications éventuelles, les musiciens procèdent à l’enregistrement en studio en présence du Metteur en Scène. Il arrive aussi que certains spectacles soient sonorisés par des musiciens, en « live ». Début Décembre un support voit néanmoins le jour , et il est utilisé lors des répétitions et filages pour qu’acteurs et techniciens du plateau puissent rôder ensemble leur travail et parvenir à une synchronisation aussi parfaite que possible.
1ers FILAGES
Un Week-End par mois, la mise en place faite, les rôles – en principe – maîtrisés, on en vient aux filages, c’est-à-dire les « révisions récapitulatives ». C’est la période, qui prendra fin début Février, où l’on raccorde les scènes les unes aux autres, où l’on procède aux divers ajustements qu’exige l’installation de l’action dans les décors, dans la musique, dans les costumes. Avec une difficulté supplémentaire : la coupure des vacances de Noël.
CONTACT AVEC LES ASSOCIATIONS
Aujourd’hui, nombre d’associations sollicitent les 7. Chaque année nous en sélectionnons de nouvelles et en retirons certaines : selon la cause qu’elles défendent, leur originalité, leurs besoins, le nombre de spectateurs qu ‘elles s’engagent à faire venir. Pour aider les associations à informer leurs propres adhérents, la Compagnie leur remet début Février entre 1000 et 5000 invitations. Elles doivent donc déployer les efforts nécessaires pour motiver leurs membres, ce à quoi elles parviennent fort bien dans la plupart des cas.
1ères REPRESENTATIONS
Fin Janvier, le spectacle est prêt. Pour s’en assurer tout de même, les 7 vont le présenter plusieurs fois en Février, dans des salles de diverses localités d’Ile-de-France voire au-delà : Maisons-Laffitte, Sartrouville, mais il y a eu aussi Sens, Louveciennes, Vigny en Vexin, Montargis, Clairefontaine, Noisy-le-Grand, etc… en partenariat avec des associations locales.
LES INVITATIONS
Les 7 de la Cité conçoivent et font imprimer, environ 40.000 invitations destinées aux associations bénéficiaires, aux personnes inscrites sur le fichier des 7 depuis de nombreuses années, et aux proches (familles et amis) des adhérents actifs. L’envoi de ces cartons a lieu environ six à huit semaines avant le début des représentations à Paris. Les trois quarts sont remis aux associations qui se chargent de leurs propres adhérents. Le reste, soit une dizaine de milliers, est mis sous enveloppes manuellement par des équipes de volontaires recrutés lors des répétitions plénières de fin Janvier/début Février.
LEVER DE RIDEAU SUR LA QUINZAINE PARISIENNE
Enfin arrive le moment tant attendu – et redouté – du lever de rideau sur les représentations parisiennes qui finissent par un repas où toute la troupe, fourbue, contente, mais aussi un peu nostalgique (eh oui, la fête est finie !) se défoule avant de se séparer dans les fumées glacées de l’aube…





































_1_1.jpg)
_1_1.jpg)


_1_1.jpg)
_1_1.jpg)



_1_1.jpg)

_1_1.jpg)

_1_1.jpg)



_1_1.jpg)

















































































































_1.jpg)
_1.jpg)
_1.jpg)
_1.jpg)
_1_edited.jpg)
_1.jpg)
_1.jpg)
_1.jpg)
_1.jpg)
_1.jpg)
_1.jpg)
_1.jpg)
_1_edited.jpg)
_1.jpg)
_1.jpg)
_1.jpg)
_edited_1.jpg)
_1.jpg)
























































































