Le voyage de Monsieur Perrichon

saison 
2003
de : 
Eugène Labiche
mise en scène de: 
Frédéric Witta

Ensemble en chemin de fer,
A un train d’enfer,
A la recherche d’un paradis qui se prénomme… Henriette.

LA DESTINATION ?
A Marseille, à Nice ? Certains ne savent pas où ils se rendent. Perrichon, lui, le sait : il va à Chamouny, avec femme, fille…et nombre de bagages.

UN COMPARTIMENT DE TOUTE PREMIERE CLASSE…
Ils sont cinq dans le compartiment, et personne ne songe plus à aller ni à Marseille ni à Nice… L’enjeu est de taille : bien dormir pour l’un, avec un journal pour tout oreiller. Réparer le store défectueux pour l’autre, distribuer aimablement des pastilles de chocolat pour une troisième personne … Mais que font les deux autres ? Ils observent, s’observent, lisent un livre avec des images, ou regardent simplement le paysage ? Un peu tout à la fois, le voyage est long !

LES ESCALES DE FER :
Pour un premier voyage en chemin de fer, il est bon de distiller les plaisirs. Alors nos trois Perrichon feront escale à Lyon, puis à Genève, avant de rejoindre enfin Chamouny et sa fameuse…. Mère de Glace. Tiens, c’est bizarre, les cinq voyageurs ont choisi les mêmes haltes, les mêmes hôtels. Ils s’y croisent, se reconnaissent, se saluent. C’est fou le hasard, non ?

ON EST ENFIN ARRIVE : CHAMOUNY TOUT LE MONDE DESCEND !
Fini le train, on pose ses valises, ou plutôt, on les fait poser. Place à l’aventure, partons à la conquête de la Mère de Glace, et à cheval s’il vous plait ! Mais c’est bien connu, les chevaux ombrageux ont le vertige, et les ravins ne manquent pas…Heureusement, dans ce récit, on se sauve la vie comme on partage le même compartiment : une vraie petite famille, mais cette fois avec des personnages nouveaux hauts en couleur, qui peuvent amuser, intriguer, dépayser… comme faire peur et chercher la bagarre. L’altitude rend fou, surtout quand on s’appelle Perrichon.
Vous êtes décidés maintenant ? Alors prenez vite vos billets pour Chamouny, il reste une place pour vous dans le compartiment ! Très bon voyage, et faites attention à vous, il y a plus d’un précipice dans Le Voyage de Monsieur Perrichon. Un voyage en train, c’est comme une croisière en bateau : mieux vaut connaître les personnes avec qui l’on part.

Toute_l-equipe_a_Maisons-Laffitte.jpg
Pascal_Guillory_et_Philippe_Laporte.jpg
Julien_Revah_Thierry_Duret_et_Philippe_Laporte.jpg
Jacques_Veillet-Lavallée.jpg
Voyageurs_et_Kiosquière_a_la_Gare.jpg
Diane_Rouvillois_et_Marie-Noelle_Lacassagne.jpg
Apparition_du_Commandant_a_la_gare.jpg
Timothee_de_Roux.jpg
Timothee_de_Roux_et_Gilles_Cordon_3.jpg
Eric_Beray.jpg
Frank_Roiena_et_Emmanuel_de_Chevigny.JPG
Frank_Roiena.JPG
Timothee_de_Roux_et_Gilles_Cordon.jpg
Frank_Roiena_Emmanuel_de_Chevigny_et_Thierry_Chauvin.JPG
Thierry_Chauvin_et_Eric_Beray.JPG
Timothee_de_Roux_et_Eric_Beray.jpg
Sauvetage_de_Perrichon.jpg
Sauvetage_de_Perrichon_2.JPG
Etienne_Cendron_et_Nicolas_Besnard.JPG
Nicolas_Besnard.JPG
Nicolas_Besnard_2.JPG
Gilles_Cordon_et_Nicolas_Besnard.JPG
Sauvetage_de_Daniel.JPG
Frank_Roiena_Emmanuel_de_Chevigny_et_Thierry_Chauvin_2.JPG
Je_tire_il_tire_nous_tirons.JPG
Timothee_de_Roux_et_Gilles_Cordon_2.JPG
Timothee_de_Roux_Thierry_Chauvin_et_Diane_Rouvillois.jpg
Sauvetage_de_Daniel_2.JPG
Gilles_Cordon_et_Marie-Noelle_Lacassagne.JPG
Christian_Dard.jpg
Retour_des_Perrichon.jpg
Majorin_et_les_Perrichon.jpg
Jean-Claude_Girod_et_Gilles_Cordon.jpg
L-article_dans_le_journal.JPG
Thierry_Chauvin_et_Frank_Roiena.JPG
Thierry_Chauvin_Christian_Dard_et_Emmanuel_de_Chevigny.JPG
Gilles_Cordon.jpg
Salut-Final.JPG

à propos de l'auteur

En compagnie de quelques amis, il effectue un long voyage l’année suivante, parcourant à pied l’Italie et la Suisse. Ses souvenirs et impressions, qui se présentent sous la forme de petites scènes fantaisistes, sont bientôt publiés dans les journaux parisiens puis réunis en 1839 sous le titre de La Clef des Champs. Dans ce roman, le seul rédigé par l’écrivain, est fait le récit de l’accession à l’âge adulte du héros, Émile Bèche. Il s’essaie également à la critique dramatique, livrant ses articles à la « Revue du Théâtre ».

Avec la collaboration de nombreux auteurs déjà introduits dans les théâtres parisiens, Eugène Labiche se consacre bientôt au vaudeville, en vogue à l’époque. Il enchaîne alors les pièces qui sont jouées sur les grandes scènes parisiennes. Après La Cuvette d’Eau en 1837, vient l’année suivante Monsieur de Coyllin ou l’Homme Infiniment Poli, premier grand succès de l’auteur. Il rédige également l’Article 960 ou la Donation en 1840, puis Le Major Cravachon en 1844. Ces différentes œuvres, qui racontent inlassablement la vie conjugale et ses affres, mettant en scène de nombreux beaux-pères irascibles, lui permettent de se faire un nom auprès du public parisien.
En 1842, Eugène Labiche épouse une jeune héritière de dix-huit ans. Écrivant sans relâche, des pièces en un acte dont le comique est fondé sur des rebondissements successifs et des situations cocasses, il tente au cours de ces années d’entrer en politique. Le candidat malheureux à la députation de la Monarchie de Juillet réagit de manière hostile aux journées révolutionnaires de Février 1848 et à l’avènement de la Seconde République. Deux pièces, dont l’intrigue repose sur les événements récents, Le Club Champenois puis Rue de l’Homme-Armé n° 8 bis, sont ainsi écrites sur un ton polémique, inhabituel chez l’écrivain.

Alors que l’Empire est rétabli en 1852, Labiche apporte un tour nouveau à l’art du vaudeville avec sa nouvelle œuvre, Un Chapeau de Paille d’Italie. La recherche de cet objet égaré est le fil conducteur de la pièce, parsemée d’événements imprévus. Le jour de son mariage, Fadinard, le héros, cherche ainsi un chapeau qui compromet une femme de sa connaissance. Les invités de la noce le suivent alors dans Paris, ignorant tout des mobiles véritables de sa démarche et accumulant les gaffes. Viennent ensuite l’Affaire de la de la rue de Lourcine en 1857, une comédie cauchemar ; Le Baron de Fourchevif en 1859, fondée sur la caricature d’un bourgeois ; Le Voyage de Monsieur Perrichon en 1860. Avec cette dernière pièce, créée le 10 septembre au Théâtre du Palais-Royal, Eugène Labiche se fait le critique de la bourgeoisie enrichie du Second Empire, en mettant en scène un commerçant parvenu, inculte et vaniteux. Après La Poudre aux Yeux en 1861, La Cagnotte en 1864 connaît un grand succès. La même année, Le Point de Mire est représenté à Compiègne devant l’Empereur Napoléon III.

Maintenant enrichi grâce à cette activité lucrative, devenu un auteur respectable, Eugène Labiche fait l’acquisition en 1853 d’une propriété de neuf cents hectares en Sologne, dans le village de Souvigny (Loir-et-Cher), une commune dont il deviendra maire. C’est dans son domaine qu’il se retire en 1869, peu après le déclenchement de la guerre Franco-Prussienne. Labiche se consacrera d’ailleurs de plus en plus à la mise en valeur de ses terres.

Après Le Plus Heureux des Trois en 1870, Doit-on le Dire ? en 1872 et Vingt-neuf Degrés à l’Ombre en 1873, Eugène Labiche fait jouer sa dernière pièce en 1877, La Clé. Il cesse dès lors d’écrire pour la scène et se consacre à la publication de son Théâtre Complet (1878 – 1879). Réuni à l’initiative d’Émile Augier, celui-ci ne comporte que cinquante-sept pièces sur les cent soixante-treize effectivement écrites par l’auteur.

Le 28 février 1880, Eugène Labiche est reçu à l’Académie-Française. Il se partage ensuite entre la Sologne et Paris où ses chefs-d’œuvre sont repris triomphalement. Il décède à Paris le 23 janvier 1888.

mise en scène de

Frédéric Witta

Frédéric Witta.jpg
Après des débuts fracassants dans le rôle du petit Jésus à l’âge de six mois, il a connu une longue période de chômage qui s’est achevée quelque quinze années plus tard quand il a commencé à travailler pour l’O.R.T.F, avec A.Michel, J.Ertaud, M.Bluwal, M.Simenon, G.Reigner, D.Amar, etc… dans de nombreux téléfilms où il arborait déjà cet air de naïf renfrogné et un blouson en cuir qu’il ne quittera plus. Grâce à Dieu (Loué soit le Seigneur !) dès 1980 il aura la possibilité d’exprimer au théâtre cette sensibilité rare, et cette finesse d’esprit qui le caractérisent, dans des pièces aussi différentes que celles de J.Orton, Molière, V.Hugo, W.Shakespeare, L.Nören et bien d’autres qu’il serait fastidieux de citer tous. Félicitons-nous donc qu’il ait renoncé à son projet de reconversion dans la salaison en gros, et qu’il assume la mise en scène des spectacles des « 7 » jusqu'à ce qu’on ne lui demande plus.

Avec Les 7 de la Cité, il a co-mis en scène "L'Oiseau Vert" avec François Cogneau en 1996, et il a mis en scène "Le Dindon" en 2001, "La Salle à Manger" en 2002, "Le Voyage de Monsieur Perrichon" en 2003,  "La Puce à l'Oreille" en 2010, "Le Crime de Lord Arthur Savile" en 2011, "Les Femmes Savantes" en 2012 et "Je veux voir Mioussov !" en 2013.

le mot du metteur en scène

Le voyage de Monsieur Perrichon marque un tournant important dans l'œuvre de Labiche qui jusque là semblait s'être enfermé dans le ghetto de la facilité, de la légèreté, de l'amusement de la frivolité.

Pour la première fois, on trouve dans son œuvre des ambitions littéraires qui le conduiront à entrer en 1864 au répertoire de la Comédie-Française.
De l'amuseur public insouciant et désinvolte qu'il était, l'entrée au panthéon de la littérature devait nécessairement passer par le seul genre comique reconnu à l'époque : la comédie de caractère. C'est ici que réside l'originalité de Monsieur Perrichon. Labiche approfondit la caricature du bourgeois, envisagé désormais sous l'angle de la vanité, de la bêtise, de la cupidité, de la misogynie. Le voyage de Monsieur Perrichon est une heureuse jonction du vaudeville et de la comédie de caractère. Flaubert, à l'issue d'une représentation, s'est écrié : " C'est du Molière ! "

La qualité de la pièce doit aussi beaucoup à la diversité des thèmes.
Le premier : celui du voyage. Thème qu'il reprendra dans d'autres pièces. Les nouvelles communications et l'ouverture sur le monde : les chemins de fer y sont loués avec bienveillance. Cette attitude de progrès, Labiche la développera également à l'égard de la photographie ainsi qu'à l'égard des architectures métalliques qui déchaîneront les polémiques les plus véhémentes chez les esthètes conservateurs.

Mais, bien qu'ils soient positivement audacieux, les personnages de Labiche n'ont pas encore intégré, dans leurs comportements, ce nouveau moyen de transport qu'est le train. C'est une aventure périlleuse et exceptionnelle. C'est à l'occasion de la prise de sa retraite que Perrichon décide de voyager pour la première fois. Perrichon est affolé sur le quai, il ne sait où prendre ses billets et que faire de ses bagages. Son épouse, de mauvaise humeur, n'a pas eu le temps de prendre son café ce qui provoquera de la tension dans le couple. Cette déstabilisation de l'ordre familial révèle deux choses : elle annonce la menace qui plane sur la cellule familiale par la présence des deux prétendants et ensuite elle traduit le profond attachement de la famille bourgeoise à son intérieur et à ses domestiques.

C'est pourquoi les deux derniers actes nous ramènent dans le salon de Perrichon, lieu du retour à l'ordre où Perrichon retrouve sa sagesse et son bon sens. Les personnages de Labiche sont des animaux casaniers et quand il les extrait de leur terrier, c'est pour les exposer au danger : deux chutes dans une crevasse, assignation à paraître en justice, duel.

C'est l'accession à la retraite, au loisir et au désœuvrement qui autorise Perrichon à vivre en vrai bourgeois et l'argent est un personnage invisible et omniprésent. C'est lui qui motive : les entrées de Majorin (avance, remboursement, …) ; les deux prétendants, l'un banquier, l'autre possédant une compagnie fluviale, qui peuvent à leur guise suivre Henriette sans aucune contrainte financière ; Henriette qui note dans un petit carnet d'un côté les dépenses, de l'autre les impressions …..

L'argent peut tout acheter dans la société bourgeoise triomphante du Second Empire : simulacre d'amour-passion d'une petite danseuse aux mœurs légères, article de presse au contenu fallacieux et ….. même la vie : cent francs à Armand pour avoir sauvé la vie de Perrichon. Mais l'argent apporte surtout les plaisirs : on voyage en première classe, on fume des cigares de la meilleure qualité, on dîne au restaurant et l'on "s'en fourre jusque là". L'obésité est un signe de richesse.

En conclusion, Labiche s'avère comme un artisan, un travailleur acharné du verbe et de la scène. Pour écrire une pièce, il fait un plan qu'il découpe en scènes et qu'il retravaille avec une patience minutieuse. Il eut cependant de nombreux collaborateurs mais la postérité n'a retenu que son nom, car il fut le trait d'union, l'énergie rassembleuse de multiples talents épars qui ne se seraient pas exprimés sans lui.

 

L'équipe

Les Comédiens
 
Perrichon                                Thierry Chauvin
Madame Perrichon                 Nelly Holson en alternance avec
                                               Marie-Noëlle Lacassagne
Henriette Perrichon                Ann-Gaïd Collin en alternance avec
                                               Diane Rouvillois
Daniel                                     Frank Roiena en alternance avec
                                               Timothée d'Oreux
Armand                                   Emmanuel de Chevigny en alternance avec
                                               Gilles Cordon
Majorin                                   Jean-Claude Girod en alternance avec
                                               Antoine Landon
Le Commandant                     Nicolas Besnard
Joseph                                    Eric Beray en alternance avec
                                               Etienne Cendron
L’Aubergiste                           Eric Beray en alternance avec
                                               Etienne Cendron
Jean                                       Christian Dard
L’Employé de la Gare             Philippe Laporte en alternance avec
                                               Sacha Russo
Le Porteur                              Jean-Claude Girod en alternance avec
                                               Antoine Landon
La Kiosquière                         Christine Deyrolle en alternance avec
                                               Marie-Laure Mesureur
Les Voyageurs                        Pascal Guillory, Thierry Duret,
                                               Julien Revah, Philippe Leclerc
 
           
Autour des Comédiens
 
Conception des décors            Gilles Boillot
Réalisation des décors                Jean-Paul Beray
                                               Gilles Boillot
                                               Pierre-Alexandre Brodsky
Jean-Claude Girod
Alain Houdaille
Philippe Laporte
           Jean-Paul Sampré
Peinture et Trompe-l’Oeil        Gilles Guerber
Création des Costumes            Brigitte Le Bos
Réalisation des Costumes        Muriel Bernard, Brigitte Le Bos,
                                               Marie-Laure Mesureur, Marie-Noëlle Revol
Musique Originale                   Jacques Deltour
Arrangements                          Patrick Vasori
Paroles de la Chanson             Jacques Veillet-Lavallée
Régie Générale                        Annabelle Courtaud
Création Lumière                     Etienne Cendron
Réalisation Bande Son            Jean-Philippe Beray
Accessoires                             Christine Deyrolle
Location et Billetterie              Anne Le Floc’h
Accueil                                   Pascal Guillory
Illustration des Affiches, Invitations et Programmes                Gilles Guerber

Réalisation des Affiches, Invitations et Programmes               Anne Le Floc’h